Le danger de l'appréciation des maisons
Les prix des maisons ont grimpé en flèche ces dernières années, si bien que beaucoup de propriétaires se montrent très optimistes quant à leur bien-être financier. Toutefois, pour maintenir le cap sur leurs objectifs financiers à long terme, tous devraient demeurer vigilants devant les dangers d'une hausse des prix immobiliers.
D'abord, étant donné que leur valeur nette a augmenté, grâce surtout au marché de l'habitation et aux gains boursiers, les ménages canadiens dépensent une plus grande part de leur revenu disponible. Selon Statistique Canada, « bien que les Canadiens aient vu leurs chèques de paye augmenter de façon constante (de 1997 à 2004), ils les ont dépensés à un rythme encore plus rapide. Les revenus ont progressé de 10 %, tandis que les dépenses des ménages ont grimpé deux fois plus vite durant cette période.
« Au cours des 14 dernières années, la faiblesse des taux d'intérêt et la demande permanente de logements et de biens ont contribué à augmenter la dette des ménages de façon appréciable. La hausse des dépenses et des dettes signifie que les ménages sont de moins en moins en mesure d'épargner.»*
Certains allègueront que la valeur croissante de l'actif des ménages - attribuable surtout aux prix soutenus de l'immobilier - compense largement le gonflement de la dette. Mais cet argument tient la route uniquement si les prix immobiliers demeurent fermes. Or, compte tenu de la stabilisation des prix dans certaines régions du pays et de l'augmentation graduelle des taux de financement depuis quelques années, rien n'est moins sûr.
Si le boom immobilier est vraiment terminé, les propriétaires de maison risquent d'être privés de leur plus important mode d'épargne et, bien que le marché immobilier canadien n'ait pas glissé aussi rapidement que dans certaines régions des États-Unis, on peut tirer des leçons de l'évolution chez nos voisins.
Selon un récent rapport de recherche de la Securities Industry Association (SIA) des États-Unis, près de la moitié des ménages américains n'épargnent pas et les deux tiers, pas assez pour vivre confortablement à la retraite. L'étude de la SIA sur la retraite en attribuait la responsabilité à l'effet de richesse, les ménages épargnant moins à mesure que leur valeur nette progresse.**
Lorsqu'on se sent riche, on a tendance à dépenser comme si on l'était, ce qui incite de nombreuses familles à dépenser plus et à épargner moins. Le problème, c'est que dans l'éventualité d'une baisse des prix immobiliers, ces familles seront toujours lourdement endettées et, en conséquence, risquent de souffrir davantage des autres problèmes économiques ou d'une perte d'emploi. De plus, les économies réalisées sous forme de biens immobiliers sont loin d'être liquides et la vente d'une maison s'avère parfois difficile et coûteuse.
Il est vrai que l'achat d'une maison est habituellement un bon investissement. Cependant, il ne devrait représenter qu'une partie d'un plan financier complet comprenant une gamme de placements enregistrés et non enregistrés, choisie en tenant compte des principes éprouvés de répartition et de diversification de l'actif et de vos objectifs personnels à long terme. Un spécialiste peut vous aider à prendre les meilleures décisions pour préserver votre bien-être financier, peu importe la conjoncture.
*www.statscan.ca - Finances personnelles et finances des ménages [Date de modification : 2006-06-26]
**Selon le communiqué de presse de la SIA « SIA Retirement Study Shows Americans are 'Dissaving'; Finds Grim Situation Worsening », 26 juin 2006







